Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Tel père tel fils

Autrefois, lorsque j'étais gamin, je voulais
Bousculer le bien être en lequel les anciens
Mijotaient. Puis, resté un infâme vaurien,
J'ai sucé jusqu'à lie tout le lait de ma laie.

Aujourd'hui que je suis tant qu'un chien philosophe,
J'ai l'envie d'agacer ces jeunots qui ressemblent
Tant à mes grands-parents que, de frayeur, j'en tremble !
Le temps passe et l'humain ne change pas d'étoffe.

Merci de nous apprendre, ô merveilleux bambins,
Ces sages vérités qu'Erectus connaissait !
Il faut jeter les vieux avec l'eau de leur bain
Car, de l'ancienneté, il en est plus qu'assez !

Que vive cet instant qui passe au temps présent
Comme l'eau s'évapore exposée au soleil,
Qui passe sans vieillir, en sommeil tant qu'en veille,
Cette modernité qui bruit et va s'usant.

Avant, j'étais un homme, amorphe et abruti.
J'ai été éduqué, je suis bien intégré ;
Je suis une ressource et fonctionne bon gré
Ou mal gré, peu importe, je suis un outil !

On a donné un sens à ma vie, car je sais
Désormais le seigneur que je sers : c'est celui
Qui me donne à manger, lequel dans ma nuit luit,
Il est la came dont je ne puis me passer.

Tout comme une brouette ou un rabot, je sers,
Mon existence a une fin, je rends service
A celui qui me fit ! Je suis un peu son fils
Puisque, m'ayant conçu, il est un peu mon père.
©JIM

© Poème posté le 25/03/2026 par Jim

...
× Illustration agrandie