Le désarroi
1
Comment emploierai-je le temps
Et l’âge qui me reste à vivre ?
Deviendrai-je un gai troubadour
Qui se nourrira de son livre
Et mourra jeune mais content ?
Hélas ! J’ai perdu la chanson
Qui parlait de mon espérance
D’être bientôt, pour mon bonheur,
Poète honoré de la France...
Avais-je si peu de raison ?
Ou prendrai-je un métier banal
Pourvoyant à mon ordinaire,
Pour couler de paisibles jours
Comme le font les fonctionnaires
En oubliant mon idéal.
Hélas ! Je n’ai plus de vigueur ;
Tout au long du jour je m’ennuie,
Et je rumine ma langueur.
Je compte les jours qui s’enfuient
Sans même chercher un labeur.
Finirai-je en clochard connu
De toute la ville joyeuse ?
En ivrogne drôle et rôdeur
A la démarche laborieuse,
La face rouge et les pieds nus ?
Mais je n’irai pas jusqu’au bout
De la parfaite déchéance.
Je saurai garder mon honneur
Et plutôt mourir en avance
Que ne plus me tenir debout.
Ou bien je laisserai le sort
Désigner une riche héritière
Que j’épouserai sans pudeur.
Nanti d’une grosse rentière
Je finirai dans le confort.
Hélas ! Je n’ai plus de compagne !
Celle que j’appelais Loulou
M’a jadis arraché le cœur.
Je vis errant comme un vieux loup
Qui hurle seul dans la montagne.
Que les médiocres sont heureux
Lorsqu’ils ont une descendance
Ils peuvent conjurer la peur
Du néant et de sa béance
En laissant quelqu’un derrière eux.
Hélas ! Où sont tous les enfants,
Les fils que j’aurais voulu faire ?
Je n’ai plus où donner d’amour,
Je n’ai plus ni femme ni mère
Ni de foyer me réchauffant.
Je ne sais pas ce qui m’attend.
Au vent du hasard j’abandonne
La poursuite de mon parcours.
Et, désinvolte, je fredonne :
Comment emploierai-je le temps ?
Et l’âge qui me reste à vivre ?
Deviendrai-je un gai troubadour
Qui se nourrira de son livre
Et mourra jeune mais content ?
Hélas ! J’ai perdu la chanson
Qui parlait de mon espérance
D’être bientôt, pour mon bonheur,
Poète honoré de la France...
Avais-je si peu de raison ?
Ou prendrai-je un métier banal
Pourvoyant à mon ordinaire,
Pour couler de paisibles jours
Comme le font les fonctionnaires
En oubliant mon idéal.
Hélas ! Je n’ai plus de vigueur ;
Tout au long du jour je m’ennuie,
Et je rumine ma langueur.
Je compte les jours qui s’enfuient
Sans même chercher un labeur.
Finirai-je en clochard connu
De toute la ville joyeuse ?
En ivrogne drôle et rôdeur
A la démarche laborieuse,
La face rouge et les pieds nus ?
Mais je n’irai pas jusqu’au bout
De la parfaite déchéance.
Je saurai garder mon honneur
Et plutôt mourir en avance
Que ne plus me tenir debout.
Ou bien je laisserai le sort
Désigner une riche héritière
Que j’épouserai sans pudeur.
Nanti d’une grosse rentière
Je finirai dans le confort.
Hélas ! Je n’ai plus de compagne !
Celle que j’appelais Loulou
M’a jadis arraché le cœur.
Je vis errant comme un vieux loup
Qui hurle seul dans la montagne.
Que les médiocres sont heureux
Lorsqu’ils ont une descendance
Ils peuvent conjurer la peur
Du néant et de sa béance
En laissant quelqu’un derrière eux.
Hélas ! Où sont tous les enfants,
Les fils que j’aurais voulu faire ?
Je n’ai plus où donner d’amour,
Je n’ai plus ni femme ni mère
Ni de foyer me réchauffant.
Je ne sais pas ce qui m’attend.
Au vent du hasard j’abandonne
La poursuite de mon parcours.
Et, désinvolte, je fredonne :
Comment emploierai-je le temps ?
