Adieu Darwin — Bonjour Jacques
3
Quand vous verrez une belle vache
Se transformer en un mouton,
Et le mouton, un jour potache,
Se changer en loup — voyons !
Passez moi vite un coup de fil :
Vous aurez la preuve, en effet,
Que l’évolution « existe »
Autrement qu’en sèche pensée.
Laissez moi rire de vos structures
Auto organisées en réseaux fous.
Même les cristaux s’auto forment,
Pourtant la vie, ce n’est pas caillou.
Vous parlez d’assemblages,
De « réseaux qui se contrôlent »,
S’auto organisant bien sages
Dès qu’on les sort d’une fiole.
Ne me posez pas la question
D’où viennent les espèces : je ne sais pas.
En scientifique, je constate
Qu’elles sont là — et furent déjà.
À des époques, elles apparaissent,
Plein de fossiles en sédiment ;
À d’autres temps, elles disparaissent :
C’est tout ce qu’on sait, vrai, pour l’instant.
Oui, je sais : les virologues
Jouent — ils transforment les espèces.
Ils collent des morceaux de virus,
Les reforment, Lego de pièces.
Ce que cela veut dire, en génétique,
C’est que l’on peut manipuler
Les gènes comme presque des briques
Pour en faire un « viro composé ».
Pour inventer « un nouveau gène »
Adapté à quelque fonction…
Donner des ailes à une baleine ?
Il y a du chemin d’évolution !
Tout se combine — quel mystère !
Les gènes se mélangent en tout…
Mais pourquoi donc, vivants sur Terre,
N’avons nous plus aucun mammouth ?
Des séquences, des séquences…
Les généticiens en sont comblés.
C’est le mot que l’ignorance
A trouvé bon pour remplacer.
N’oubliez pas la preuve ultime :
Voir une bactérie, un beau jour,
Se transformer en une amibe,
Et l’amibe en une souris — toujours !
Si vous l’avez vu, ou fait, que sais je,
Et croyez l’avoir « démontré »,
Ramenez moi tout votre manège
Pour voir… où vous avez triché !
Tout évolue, oui, tout s’adapte
Au milieu qui va changeant.
Et pourtant, la vache reste
À brouter l’herbe dans le champ.
Oui, on a des vaches « de viande »,
Des vaches petites, des vaches à lait…
On fera peut être, qui sait, un jour,
Des vaches à chair de poulet !
Mais la vache restera vache
Si on la laisse seule brouter.
Vue sur la colline, une tache…
Pense t elle à donner du lait ?
Ou philosophe, elle nous regarde
Comme des p’tits veaux sans cervelle,
Qui jouent, qui chantent leur sérénade,
Puis viennent téter à ses mamelles.
Oui : fromage, lait, crème fraîche,
Pâtisseries et doux gâteaux,
Yaourts, bonbons, et pour la crèche,
Que de bonnes vaches en biberon !
Si vous pensez à toutes ces choses,
Si votre ventre veut penser,
« L’évolution » rend la vie rose :
Car sans la vache… non, plus rien n’est !
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Se transformer en un mouton,
Et le mouton, un jour potache,
Se changer en loup — voyons !
Passez moi vite un coup de fil :
Vous aurez la preuve, en effet,
Que l’évolution « existe »
Autrement qu’en sèche pensée.
Laissez moi rire de vos structures
Auto organisées en réseaux fous.
Même les cristaux s’auto forment,
Pourtant la vie, ce n’est pas caillou.
Vous parlez d’assemblages,
De « réseaux qui se contrôlent »,
S’auto organisant bien sages
Dès qu’on les sort d’une fiole.
Ne me posez pas la question
D’où viennent les espèces : je ne sais pas.
En scientifique, je constate
Qu’elles sont là — et furent déjà.
À des époques, elles apparaissent,
Plein de fossiles en sédiment ;
À d’autres temps, elles disparaissent :
C’est tout ce qu’on sait, vrai, pour l’instant.
Oui, je sais : les virologues
Jouent — ils transforment les espèces.
Ils collent des morceaux de virus,
Les reforment, Lego de pièces.
Ce que cela veut dire, en génétique,
C’est que l’on peut manipuler
Les gènes comme presque des briques
Pour en faire un « viro composé ».
Pour inventer « un nouveau gène »
Adapté à quelque fonction…
Donner des ailes à une baleine ?
Il y a du chemin d’évolution !
Tout se combine — quel mystère !
Les gènes se mélangent en tout…
Mais pourquoi donc, vivants sur Terre,
N’avons nous plus aucun mammouth ?
Des séquences, des séquences…
Les généticiens en sont comblés.
C’est le mot que l’ignorance
A trouvé bon pour remplacer.
N’oubliez pas la preuve ultime :
Voir une bactérie, un beau jour,
Se transformer en une amibe,
Et l’amibe en une souris — toujours !
Si vous l’avez vu, ou fait, que sais je,
Et croyez l’avoir « démontré »,
Ramenez moi tout votre manège
Pour voir… où vous avez triché !
Tout évolue, oui, tout s’adapte
Au milieu qui va changeant.
Et pourtant, la vache reste
À brouter l’herbe dans le champ.
Oui, on a des vaches « de viande »,
Des vaches petites, des vaches à lait…
On fera peut être, qui sait, un jour,
Des vaches à chair de poulet !
Mais la vache restera vache
Si on la laisse seule brouter.
Vue sur la colline, une tache…
Pense t elle à donner du lait ?
Ou philosophe, elle nous regarde
Comme des p’tits veaux sans cervelle,
Qui jouent, qui chantent leur sérénade,
Puis viennent téter à ses mamelles.
Oui : fromage, lait, crème fraîche,
Pâtisseries et doux gâteaux,
Yaourts, bonbons, et pour la crèche,
Que de bonnes vaches en biberon !
Si vous pensez à toutes ces choses,
Si votre ventre veut penser,
« L’évolution » rend la vie rose :
Car sans la vache… non, plus rien n’est !
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