Frère, souvenez-vous
11
- Anaphore en maillet -
Frère, souvenez-vous que l'aube est éphémère,
Que la brume naissante au détour du vallon
Est à peine un soupir, une aile passagère,
Et que le pas se perd en franchissant les ponts.
Lors, tandis-que s'étend le galbe de la plaine,
Frère, souvenez-vous des splendeurs de midi
Dont le lustre, déjà, se fane à la fontaine
Et dont le flamboiement se retire, attiédi.
Voici qu'une ombre passe et que le soir frissonne,
Voici qu'il est bien tard aux arbres dénudés ...
Frère, souvenez-vous de la cloche qui sonne
Et des stèles de pierre où des noms sont gravés.
C'est l'heure, désormais, d'achever le voyage :
Lorsque descend la nuit, toute vie doit finir, *
Sans chercher à garder le vent dans son sillage ...
- Frère, souvenez-vous que nous devons mourir. **
Frère, souvenez-vous que l'aube est éphémère,
Que la brume naissante au détour du vallon
Est à peine un soupir, une aile passagère,
Et que le pas se perd en franchissant les ponts.
Lors, tandis-que s'étend le galbe de la plaine,
Frère, souvenez-vous des splendeurs de midi
Dont le lustre, déjà, se fane à la fontaine
Et dont le flamboiement se retire, attiédi.
Voici qu'une ombre passe et que le soir frissonne,
Voici qu'il est bien tard aux arbres dénudés ...
Frère, souvenez-vous de la cloche qui sonne
Et des stèles de pierre où des noms sont gravés.
C'est l'heure, désormais, d'achever le voyage :
Lorsque descend la nuit, toute vie doit finir, *
Sans chercher à garder le vent dans son sillage ...
- Frère, souvenez-vous que nous devons mourir. **
* Les mots "Toute vie doit finir"
s'inspirent du Psaume 48 qui dit ceci :
"L'homme ne peut racheter son frère
ni présenter à Dieu sa rançon.
Trop coûteux est le rachat d'une vie ;
il doit à jamais renoncer
à prolonger indéfiniment sa vie,
à ne pas voir la fosse" (Versets 8 à 10)
** Tels sont les mots qu'échangent les moines Chartreux
quand leurs chemins se croisent (chose rare, puisque cet Ordre est celui du silence et de la solitude)
Il serait plus modeste que je qualifie mon poème de
"Faux maillet", mais j'ai trouvé que le désigner comme
une "anaphore en maillet" était plus chic ...
s'inspirent du Psaume 48 qui dit ceci :
"L'homme ne peut racheter son frère
ni présenter à Dieu sa rançon.
Trop coûteux est le rachat d'une vie ;
il doit à jamais renoncer
à prolonger indéfiniment sa vie,
à ne pas voir la fosse" (Versets 8 à 10)
** Tels sont les mots qu'échangent les moines Chartreux
quand leurs chemins se croisent (chose rare, puisque cet Ordre est celui du silence et de la solitude)
Il serait plus modeste que je qualifie mon poème de
"Faux maillet", mais j'ai trouvé que le désigner comme
une "anaphore en maillet" était plus chic ...
