Encore ruisselante, auréolée de vapeurs
La suivant cérémonieusement, telle
Une commette à la coma de parfum,
Elle s'est installée tout à l'heure,
Le corps encore alangui des sels
D'un bain aux herbes alourdi d'embruns.
En bas, plus bas somnole la rivière,
Bercée de ses grelots murmurants,
S'étirant sur d'oblongues cailloux,
En ses sombres domaines profonds,
Qui détiennent de quelque manière,
Le souvenir de sa chevelure ondulant
A la façon de bois flottants dans les bayous,
Ou le post formé d'un sein imbibant ce chiffon.
Et tandis que l'évanescente
Viviane, penchée vers son reflet,
D'un trait sur chaque paupière
Trace un pont sur l'eau verte de ses yeux,
J'imagine une gouache déliquescente,
Un sous-bois où un nu camouflé
Dans l'onde concupiscente, entame prière
Profane au sylvestre insigne et joyeux.
