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Un simple galet de rivière
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J’ai dénichai, tout en haut d’une armoire
Dans la poussière, une boite à chaussure
Au carton fané, à la triste allure,
Elle a aussitôt piqué ma mémoire.

Enfant d’abord puis jeune adolescent,
Dans ce bel âge que l’on dit junior,
J’y consignais de modiques trésors,
Premiers soubresauts d’un cœur fleurissant.

Dénouant son bleu ruban délavé,
Je découvris tout un fatras d’objets
Et dans la collection de vieux papiers,
Vestiges de sentiments épanchés.

Il y avait là, de quatre-vingt-trois,
Une missive ma foi bien sentie
Qui me jurait un amour infini…
Une bluette de deux mois je crois,

D’autres, plus nombreuses, aérogrammes
Qui me replongèrent loin en arrière
En rallumant sous des mots la lumière
De seins saillants déjà de jeune femme.

Avait-elle quinze, seize ans peut-être,
- Aucune année posée sur les photos -
Sur l’une d’elles, montés à vélo,
Nous nous poursuivions près d’une rivière.

Fouillant de ma main plus profondément,
Je remontai des cartes de Noël,
Le faire-part de mariage de celle,
Sans bicyclette, portant voile blanc.

Enfin mes doigts effleurèrent soudain,
Lisses et infiniment délicats,
Des galets de ruisseau, grège ou grenats
Que je collectais, jeune galantin.

L’un d’eux avait l’aspect d’un joli cœur,
Je l’avais glané dans cette rivière,
Lui faisant toucher sa douce matière
Sans oser l'offrir, par sotte pudeur.

Soufflant sur le couvercle la poussière,
Renouant le cordon bleu délavé,
C’est mon vieux passé que je replaçais
Sur le caisson haut de la bonnetière.

© Poème posté le 02/01/2026 par Fregat

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