Voie d'eau
9
S'imaginer bondir en franchissant ses rives
emportée par la crue de printemps des eaux vives.
On a tous, à vingt ans, l’œil fou d’un bateau ivre
l’étrave ouvrant le bronze impétueux du courant.
Mais sachant, qu’en leur lit, les fleuves, les ruisseaux
ne cajolent jamais deux fois les mêmes eaux,
les guenilles mouillées de regrets en lambeaux
s’oublient dans les roseaux, s’abandonnent aux grèves,
Subissent le frisson des algues languissantes
en se laissant glisser le long des berges lentes,
en se laissant bercer par les remous qui mentent,
leurs songes tournoyants vrillés de vains mirages.
Tandis qu’au fil du temps s’éteignent ses ardeurs
et qu’aux piles des ponts ne cogne plus la peur
la rivière s'endort dans l’immense torpeur
qui prélude à la mort des eaux douces en mer.
emportée par la crue de printemps des eaux vives.
On a tous, à vingt ans, l’œil fou d’un bateau ivre
l’étrave ouvrant le bronze impétueux du courant.
Mais sachant, qu’en leur lit, les fleuves, les ruisseaux
ne cajolent jamais deux fois les mêmes eaux,
les guenilles mouillées de regrets en lambeaux
s’oublient dans les roseaux, s’abandonnent aux grèves,
Subissent le frisson des algues languissantes
en se laissant glisser le long des berges lentes,
en se laissant bercer par les remous qui mentent,
leurs songes tournoyants vrillés de vains mirages.
Tandis qu’au fil du temps s’éteignent ses ardeurs
et qu’aux piles des ponts ne cogne plus la peur
la rivière s'endort dans l’immense torpeur
qui prélude à la mort des eaux douces en mer.
