La bibliothèque
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Un vieux notaire, heureux d’étaler ses richesses,
Fait tinter de bon cœur son gros trousseau de clefs,
Et trottant sur le sol de faux marbre dallé,
Jette à son patrimoine un regard de tendresse.
Éblouis par ce flot d’objets que l’or caresse,
Devant le bois laqué, les lustres emperlés,
Ses amis, dans leur joie, ont les yeux étoilés
Des enfants prêts à croire aux vies enchanteresses.
Sous des arceaux de stuc, reine du paysage,
Une bibliothèque invite à l’effeuillage
De tomes rutilants et de précieux recueils.
Mais un esprit prudent découvre avec chagrin
Que ces dos nervurés en vrai faux maroquin
N’enferment que le vide abyssal de l’orgueil.
Fait tinter de bon cœur son gros trousseau de clefs,
Et trottant sur le sol de faux marbre dallé,
Jette à son patrimoine un regard de tendresse.
Éblouis par ce flot d’objets que l’or caresse,
Devant le bois laqué, les lustres emperlés,
Ses amis, dans leur joie, ont les yeux étoilés
Des enfants prêts à croire aux vies enchanteresses.
Sous des arceaux de stuc, reine du paysage,
Une bibliothèque invite à l’effeuillage
De tomes rutilants et de précieux recueils.
Mais un esprit prudent découvre avec chagrin
Que ces dos nervurés en vrai faux maroquin
N’enferment que le vide abyssal de l’orgueil.
Histoire malheureusement véridique
