Ballade du chrysanthème
2
Tous les morts sont comme à la fête
Quand vient l’automne aux tristes voix,
Pleurant de façon satisfaite
Les défunts et leurs désarrois;
Les fleurs sont de tout premier choix
Pour célébrer le triste thème,
Quand la gueuse sort son carquois,
Au temps tout gris du chrysanthème.
Les corps sont face à la défaite,
Vaincus dans d’ultimes tournois;
Les vivants, la mine parfaite,
Leur parlent des na s d’autrefois.
Les bouquets au pauvre minois
S’en viennent jeter l’apothème
Sur les tombeaux avec leurs croix,
Au temps tout gris du chrysanthème.
La grisaille se veut surfaite
Et brille de ses feux adroits;
Un être, la mine défaite,
Fait semblant de pleurer parfois.
Les fleurs prennent un air narquois,
Jouant le jeu d’un vieux système
À l’air hypocrite et courtois,
Au temps tout gris du chrysanthème.
Princes, vos caveaux très bourgeois
Semblent vous jeter l’anathème,
Faisant vibrer de faux émois,
Au temps tout gris du chrysanthème.
Quand vient l’automne aux tristes voix,
Pleurant de façon satisfaite
Les défunts et leurs désarrois;
Les fleurs sont de tout premier choix
Pour célébrer le triste thème,
Quand la gueuse sort son carquois,
Au temps tout gris du chrysanthème.
Les corps sont face à la défaite,
Vaincus dans d’ultimes tournois;
Les vivants, la mine parfaite,
Leur parlent des na s d’autrefois.
Les bouquets au pauvre minois
S’en viennent jeter l’apothème
Sur les tombeaux avec leurs croix,
Au temps tout gris du chrysanthème.
La grisaille se veut surfaite
Et brille de ses feux adroits;
Un être, la mine défaite,
Fait semblant de pleurer parfois.
Les fleurs prennent un air narquois,
Jouant le jeu d’un vieux système
À l’air hypocrite et courtois,
Au temps tout gris du chrysanthème.
Princes, vos caveaux très bourgeois
Semblent vous jeter l’anathème,
Faisant vibrer de faux émois,
Au temps tout gris du chrysanthème.
