L'héritage
En une armée d’épouvantails
Silencieux, allant à travers champs
Les squelettes avancent en rang
Spectres d’os courbés sur leur travail
Fauchant le royaume des perdrix
Ciel de paille et de lumière
N’élevant aucune poussière
Ainsi, par nulle peine affaiblis
Le matin au soir les faux mariant
Là, des consolantes lisières
Des cris, d’implorantes prières
S’élèvent de la gorge du vent
« Pères, Pères laissez-nous vivre
Laissez le blé rêver du couteau
Le seigle éclairer les coteaux
L’orge que la sueur délivre ».
Hautains, vous ne surent que dire
Aux messagers à votre porte
‘Allez ! le diable vous emporte’
Tandis qu’ils venaient vous prévenir
Des imminents périls à venir
Dans la chaleur de leurs mains closes
Brillaient portant de belles choses
Pour vous et pour notre avenir
Nous étions d’un pays fertile
Au blé tendre gonflant les boisseaux
A l’eau pure jaillissant à flot
De pentes couvertes de grésil
Toute élégance de la pluie
Serrant dans ses dents de verre
La taille souple des rivières
Toutes beautés furent abolies
Loggias foliaires vides d’ailes
Iris jaune au vibrant miroir
Où la truite somnolant le soir
Rêvait du vol des hirondelles
Un jour fané on vit descendre
Dans un brouillard au crâne roussi
L’attelage fou des incendies
Dans la forêt aux pieds de cendres
Dans les sèches terres érodées
D’un bout à l’autre de l’horizon
Les dernières poignées de limon
Au visage de l’espoir jetées.
Est-ce vous enfants que nous aimions
Aux regards rudes et caverneux ?
Est-ce bien vous qui jouiez heureux
En bandes, hâves mômes de sion ?
Alors que soufflait en fin d’été
Un vent affreux sur l’âtre éteint
Ni la guerre pour un bout de pain
Ni la soif n’eurent de vous pitié
Et vous regardez en arrière
Quand il faudrait regarder devant
Et quand il faudrait voir le printemps
Vous, pauvres, ne voyez que l’hiver
En une armée d’épouvantails
Silencieux, allant à travers champs
Les squelettes avancent en rang
Spectres à leur macabre travail.
Silencieux, allant à travers champs
Les squelettes avancent en rang
Spectres d’os courbés sur leur travail
Fauchant le royaume des perdrix
Ciel de paille et de lumière
N’élevant aucune poussière
Ainsi, par nulle peine affaiblis
Le matin au soir les faux mariant
Là, des consolantes lisières
Des cris, d’implorantes prières
S’élèvent de la gorge du vent
« Pères, Pères laissez-nous vivre
Laissez le blé rêver du couteau
Le seigle éclairer les coteaux
L’orge que la sueur délivre ».
Hautains, vous ne surent que dire
Aux messagers à votre porte
‘Allez ! le diable vous emporte’
Tandis qu’ils venaient vous prévenir
Des imminents périls à venir
Dans la chaleur de leurs mains closes
Brillaient portant de belles choses
Pour vous et pour notre avenir
Nous étions d’un pays fertile
Au blé tendre gonflant les boisseaux
A l’eau pure jaillissant à flot
De pentes couvertes de grésil
Toute élégance de la pluie
Serrant dans ses dents de verre
La taille souple des rivières
Toutes beautés furent abolies
Loggias foliaires vides d’ailes
Iris jaune au vibrant miroir
Où la truite somnolant le soir
Rêvait du vol des hirondelles
Un jour fané on vit descendre
Dans un brouillard au crâne roussi
L’attelage fou des incendies
Dans la forêt aux pieds de cendres
Dans les sèches terres érodées
D’un bout à l’autre de l’horizon
Les dernières poignées de limon
Au visage de l’espoir jetées.
Est-ce vous enfants que nous aimions
Aux regards rudes et caverneux ?
Est-ce bien vous qui jouiez heureux
En bandes, hâves mômes de sion ?
Alors que soufflait en fin d’été
Un vent affreux sur l’âtre éteint
Ni la guerre pour un bout de pain
Ni la soif n’eurent de vous pitié
Et vous regardez en arrière
Quand il faudrait regarder devant
Et quand il faudrait voir le printemps
Vous, pauvres, ne voyez que l’hiver
En une armée d’épouvantails
Silencieux, allant à travers champs
Les squelettes avancent en rang
Spectres à leur macabre travail.
