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Les Visiteurs 4 – Au temps des loups…
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« À cœur vaillant, tout est possible »

Saurais-je parloy comme je l’oultrayme,
J’ay crainte de demourer tout incompris…
Seray-je un Visiteur moy-mesme,
Du temps des Chevaliers moult hardis ?

Du temps où le courage estoit
La plus vaillante de nos valeurs,
Et où les mots doux, en vérité,
Vibroyent, de leur vraye saveur.

À l’homme moderne, mon escu,
Telle poële à la teste clouée :
Bourgeois, cesse de lambiner,
Jacquouille, suis-moy, ton bon poëté !

— Faictes ce soir bien voz “devoirs”,
Sinong je jecte tous voz écrans…
En preux d’antan, nous irons nous asseoir,
Bavasser aux bûches d’un feu flamboyant.

Cerveaulx lessivés, la messe est dicte…
Nous, on parloyt mesme au Seigneur,
Genoulx en terre, mort, le cœur palpite !
Oy, l’Homme, jadis, avoit grand Cœur…

Raviz ronfleurs… Or, je me lance,
Vous éveiller… tout doux… mirifique :
D’un escu, voz touffes en transance,
D’un seau d’eaue froide, l’Esprit… comique !


Les Visiteurs 4 – Au temps des loups…le film

« À cœur vaillant, tout est possible »


[Plan large sur un campement, bruit de vent dans les arbres. Godefroy surgit, casque de travers, suivi de Jacquouille portant une casserole sur la tête.]

Godefroy —
Saurais-je parloy comme je l’oultrayme,
J’ay crainte de demourer tout incompris…
Seray-je un Visiteur moy-mesme,
Du temps des Chevaliers hardis ?!

Jacquouille — Hardis ? Hardis ?! Moi, j’dis qu’ça sent le cramé…moisi ! (la cloche)

Godefroy — Silence, gueux !
Du temps où le courage estoit
La plus vaillante de nos valeurs,
Et où les mots doux, en vérité,
Vibroyent, de leur vraye saveur.

Jacquouille — Aouh, la saveur… comme la poularde rôtie qu’on a chipée hier !

Godefroy —
À l’homme moderne, mon escu,
Telle poële à la teste clouée :
Bourgeois, cesse de lambiner,
Jacquouille, suis-moy, ton bon poëté !

Jacquouille — Poëté ?! Vous z’êtes poëté comme moi j’suis… roi de Danemark !

Godefroy —
Faictes ce soir bien voz “devoirs”,
Sinong je jecte tous voz écrans…
En preux d’antan, nous irons nous asseoir,
Bavasser aux bûches d’un feu flamboyant.

Jacquouille — Bavasser… bavasser… et après on se fait des tartines de sanglier ?

Godefroy —
Cerveaulx lessivés, la messe est dicte…
Nous, on parloyt mesme au Seigneur,
Genoulx en terre, ton cœur palpite !
Oy, l’Homme, jadis, avoit grand Cœur…

Jacquouille — Et p’têt même deux si c’était un ogre…

Godefroy —
Raviz ronfleurs… Or, je me lance
Pour vous éveiller tout doux… mirifique !
(D’un geste large)
D’un escu, voz touffes en transance,
D’un seau d’eaue froide et fort glaciale,
L’endormi l’Esprit… comique !

(en lançant le seau sur Jacquouille)

Jacquouille — Grrraaah ! Votre L’Esprit, Messire ça pique !

[Fondu noir, bruit d’épée dégainée, Jacquouille crie au loin : “Pas dans les gencives , Messire ! J’apprend par cœur… bonne poêtique ! Ok Messire, me donne envie ! De le chanter en bonne musique !”]

© Poème posté le 27/09/2025 par Jacques AADLOV - DEVERS

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