Un fruit plein d'avenir
3
Au pied d'un arbre mort grandissait une pousse
Couronnée d’une feuille en guise de ramure ;
Son destin l’appelait, depuis son lit de mousse,
À grandir jusqu’au bleu de l’impalpable azur.
À l'abri de la dent gourmande du chevreuil,
Sous l’enchevêtrement d’un généreux roncier,
Le fragile arbrisseau, dans son aubier recueille
À profusion la manne abondant du glacier.
Et les saisons s’enfuient dans un égal manège
Qui gouverne les airs, les terres et les eaux ;
L’arbuste s’est gorgé de nectar et de neige
Et tend sa feuillée neuve aux pétulants oiseaux.
À l’entour de ses fleurs les abeilles bourdonnent
Tandis que l’oisillon gazouille avec entrain ;
Au travers de l'écorce un peuple ardent foisonne,
C’est tout un univers que le grand arbre étreint.
Son feuillage a roussi aux frimas de l’automne
Et la faune a laissé le bois nu aux choucas ;
Ses racines nouées, le chêne se cramponne
Contre le vent furieux qui hurle avec fracas.
Dans l’ennui d’un long siècle, à quoi donc rêve un arbre
Quand un rythme immuable orchestre les saisons,
Quand son bois l’hiver tremble, aussi dur que du marbre ;
Ah ! Que le temps lui dure, ancré dans sa prison.
Âgé de cinq cents ans, il a autant de plaies ;
Un lierre le soutient des longs bras de sa housse,
Mais sous l’œil du vieillard, auprès du ruisselet,
Grandit un petit gland sur son tapis de mousse.
Couronnée d’une feuille en guise de ramure ;
Son destin l’appelait, depuis son lit de mousse,
À grandir jusqu’au bleu de l’impalpable azur.
À l'abri de la dent gourmande du chevreuil,
Sous l’enchevêtrement d’un généreux roncier,
Le fragile arbrisseau, dans son aubier recueille
À profusion la manne abondant du glacier.
Et les saisons s’enfuient dans un égal manège
Qui gouverne les airs, les terres et les eaux ;
L’arbuste s’est gorgé de nectar et de neige
Et tend sa feuillée neuve aux pétulants oiseaux.
À l’entour de ses fleurs les abeilles bourdonnent
Tandis que l’oisillon gazouille avec entrain ;
Au travers de l'écorce un peuple ardent foisonne,
C’est tout un univers que le grand arbre étreint.
Son feuillage a roussi aux frimas de l’automne
Et la faune a laissé le bois nu aux choucas ;
Ses racines nouées, le chêne se cramponne
Contre le vent furieux qui hurle avec fracas.
Dans l’ennui d’un long siècle, à quoi donc rêve un arbre
Quand un rythme immuable orchestre les saisons,
Quand son bois l’hiver tremble, aussi dur que du marbre ;
Ah ! Que le temps lui dure, ancré dans sa prison.
Âgé de cinq cents ans, il a autant de plaies ;
Un lierre le soutient des longs bras de sa housse,
Mais sous l’œil du vieillard, auprès du ruisselet,
Grandit un petit gland sur son tapis de mousse.
