Le bide heureux
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Si tu peux voir un con décider de ta vie
Et régulièrement le poser sur son trône,
Ou te mettre à genoux quand de toi il se rit
Et, d'un air sérieux, adorer son icône ;
Si tu peux lui offrir le travail de tes jours,
Si tu peux lui sourire et ne pas te défendre
Et, devant son mépris, lui donner ton amour
Et, même dans son lit, poser ta femme tendre ;
Si tu peux te flatter du sucre qu'il te donne
Frétillant de la queue, glapissant comme un chiot,
Et te précipiter dans la course à l’aumône,
Acclamant le génie quand il n'est qu'un idiot !
Si tu peux te sentir brillant dessous son ombre,
Si tu peux t 'éjouir lorsque son pied t'écrase,
Si tu peux être heureux, ignoré dans le nombre,
Avec la conviction qu'à te voir il s'embrase ;
Si tu sais digérer ces immondes couleuvres,
Convaincu de goûter les célestes nectars,
Que les déchets qu'il sue sont d'immenses chefs d’œuvre
Et que, vivre à ses pieds, te monte au rang de stars ;
Si tu peux supporter la graisse de sa main
Dans laquelle la tienne se noie, supporter
Charabia, d'un oracle ayant nul lendemain,
Quand tu vois tes espoirs un à un avorter,
Devant ces grands crétins, dénués d'étincelle,
Tu resteras, les reins courbés, le valet des roués,
Avide de vider leur joie excrémentielle ;
Tu seras, bienheureux, un bidet dévoué.
Et régulièrement le poser sur son trône,
Ou te mettre à genoux quand de toi il se rit
Et, d'un air sérieux, adorer son icône ;
Si tu peux lui offrir le travail de tes jours,
Si tu peux lui sourire et ne pas te défendre
Et, devant son mépris, lui donner ton amour
Et, même dans son lit, poser ta femme tendre ;
Si tu peux te flatter du sucre qu'il te donne
Frétillant de la queue, glapissant comme un chiot,
Et te précipiter dans la course à l’aumône,
Acclamant le génie quand il n'est qu'un idiot !
Si tu peux te sentir brillant dessous son ombre,
Si tu peux t 'éjouir lorsque son pied t'écrase,
Si tu peux être heureux, ignoré dans le nombre,
Avec la conviction qu'à te voir il s'embrase ;
Si tu sais digérer ces immondes couleuvres,
Convaincu de goûter les célestes nectars,
Que les déchets qu'il sue sont d'immenses chefs d’œuvre
Et que, vivre à ses pieds, te monte au rang de stars ;
Si tu peux supporter la graisse de sa main
Dans laquelle la tienne se noie, supporter
Charabia, d'un oracle ayant nul lendemain,
Quand tu vois tes espoirs un à un avorter,
Devant ces grands crétins, dénués d'étincelle,
Tu resteras, les reins courbés, le valet des roués,
Avide de vider leur joie excrémentielle ;
Tu seras, bienheureux, un bidet dévoué.
©JIM
