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Sexe
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J’ai pris Belzébuth par la queue ;
Il grouille et brûle ! Encore que,
Lui, si frétillant je le crusse,
Et malgré toute son astuce,
Je le tinsse, et fort fermement,
Il est d’un tel tempérament
Qu’il finira, cela me hante,
Par se ruer, vague effrayante,
Hors de mon étreinte et je crains
Fort choquer mes contemporains
En submergeant leurs mondes peints,
De couleurs, sur la toile où manque
Un bonheur libre et saltimbanque
Et l’astreinte du désir nu.

C’est ainsi, le Diable est ténu,
Quotidien, réel, saugrenu ;
De sa brûlante langue agile
Il camoufle un regard vigile,
Tournant l’attention, par des mots,
Du puissant "rut des Béhémots"

Ce démon, mien ? mais c’est le vôtre !
Ne suis pas, certes, saint apôtre
Ni ne suis pas plus loup qu’un autre ;
Mes désirs fous, ma liberté…
Contre une imbécile fierté !
Qui n’a bradé quelques idées ?
Qui n’a pas piétiné ses fées ?
Ferons-nous, de ce nouveau jour,
Nulle chose, et si peu l’amour ?

Mon sexe est un dragon qui piaffe,
Violons la mort de cette gaffe !

© Poème posté le 11/09/2025 par Salus

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