La Sée
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De quel haut lieu mouillant l'horizon de nos yeux
est-elle descendue chevauchant sa chimère ?
D'où vient-elle suivie du flot de ses cheveux
par les ors de la baie buveuse de lumière ?
La vagabonde luit parée de toutes grâces.
Fut-elle fille ou flamme épousant les langueurs
des limons de son lit ou frivole qu’enlacent,
d’arche en arche envoûtés, tous les ponts enjôleurs ?
Incertaine elle esquisse un sentier qui sinue,
serpente souplement vers l'infini soyeux.
Sa robe s'entrouvrant sur une cuisse nue
nous dévoile sa chair qu'elle a naïve et bleue.
A peine a-t-elle armé les pales d’un moulin
qu'elle s'en vient noyer ses bras dans le ressac
d’une marée poivrée d’oiseaux, salée d’embruns,
assagie s'étirant rêveuse entre les flaques.
La naïade s'égare, échappe à toute trace
entre les bancs de sable ourlés de prés de sel,
s’enfonce dans la vase où son rêve s’efface.
On la nommait : La Sée, en baie de Saint Michel.
est-elle descendue chevauchant sa chimère ?
D'où vient-elle suivie du flot de ses cheveux
par les ors de la baie buveuse de lumière ?
La vagabonde luit parée de toutes grâces.
Fut-elle fille ou flamme épousant les langueurs
des limons de son lit ou frivole qu’enlacent,
d’arche en arche envoûtés, tous les ponts enjôleurs ?
Incertaine elle esquisse un sentier qui sinue,
serpente souplement vers l'infini soyeux.
Sa robe s'entrouvrant sur une cuisse nue
nous dévoile sa chair qu'elle a naïve et bleue.
A peine a-t-elle armé les pales d’un moulin
qu'elle s'en vient noyer ses bras dans le ressac
d’une marée poivrée d’oiseaux, salée d’embruns,
assagie s'étirant rêveuse entre les flaques.
La naïade s'égare, échappe à toute trace
entre les bancs de sable ourlés de prés de sel,
s’enfonce dans la vase où son rêve s’efface.
On la nommait : La Sée, en baie de Saint Michel.
La Sée : Rivière côtière de Normandie qui prend sa source près de Chaulieu et se jette dans la baie du Mont Saint Michel après avoir alimenté un ancien moulin à papier reconverti en écomusée.
