Du rififi chez les bronzés
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Mais que sont-elles devenues
Mes blondes et sableuses étendues,
Ourlées d’une mer bleue fortune
Et d’une forêt couronnant les dunes
Au plus haut zénith de l’été,
Noires de touristes entêtés,
Qui sont là, comme des troupeaux,
Parqués entre deux verts drapeaux.
Allongés tels de vieux gisants,
Assoiffés et agonisants,
On y rencontre un peu de tout :
Des petits gros, des maigres, des mous,
Des vieux très tristes, des gaies jeunettes,
Tous cachés sous de noires lunettes.
Vu de très loin, comme c’est étrange,
Tel la palette de mélange
D’un artiste débutant,
Fébrile, incertain, hésitant :
Un lavis fondu puis l’océan,
Et, entre les deux du néant.
Si tu t’approches, c’est encore pire :
C’est la misère que tu respires,
Mélange de parfum bon marché
Et d´une huile chaude frelatée.
Où sont passés les goélands
Aux stridents « kliu » courts et lents ?
Même les pêcheurs ont déserté
Devant autant d’absurdité.
Mes blondes et sableuses étendues,
Ourlées d’une mer bleue fortune
Et d’une forêt couronnant les dunes
Au plus haut zénith de l’été,
Noires de touristes entêtés,
Qui sont là, comme des troupeaux,
Parqués entre deux verts drapeaux.
Allongés tels de vieux gisants,
Assoiffés et agonisants,
On y rencontre un peu de tout :
Des petits gros, des maigres, des mous,
Des vieux très tristes, des gaies jeunettes,
Tous cachés sous de noires lunettes.
Vu de très loin, comme c’est étrange,
Tel la palette de mélange
D’un artiste débutant,
Fébrile, incertain, hésitant :
Un lavis fondu puis l’océan,
Et, entre les deux du néant.
Si tu t’approches, c’est encore pire :
C’est la misère que tu respires,
Mélange de parfum bon marché
Et d´une huile chaude frelatée.
Où sont passés les goélands
Aux stridents « kliu » courts et lents ?
Même les pêcheurs ont déserté
Devant autant d’absurdité.
Entre humour grinçant et regard désabusé, ce poème dresse le portrait d’un été défiguré par l’envahissement touristique. Une carte postale à rebours.
