Les beaux débuts
1
J’étais jeune gandin, et conducteur novice ;
Je frimais comme un dieu, venant de baptiser
Mon permis dans les flots d’un liquide anisé,
Et la nuit noyait tout comme un jus de réglisse.
Ainsi j’écrabouillai plusieurs admiratrices.
Et ne prenez donc pas cet air scandalisé :
Vous savourez plutôt, puisque vous me lisez —
D’ailleurs, encore eût-il fallu que je les visse.
Où est la vérité ? Toujours pas dans le puits ;
Pas plus demain qu’hier, à midi qu’à minuit.
Qui croit l’apercevoir, son erreur est profonde.
Il est vrai toutefois qu’aujourd’hui, plus âgé,
Je terrorise moins piétons et passagers
Et je feins d’oublier ce souvenir immonde.
Je frimais comme un dieu, venant de baptiser
Mon permis dans les flots d’un liquide anisé,
Et la nuit noyait tout comme un jus de réglisse.
Ainsi j’écrabouillai plusieurs admiratrices.
Et ne prenez donc pas cet air scandalisé :
Vous savourez plutôt, puisque vous me lisez —
D’ailleurs, encore eût-il fallu que je les visse.
Où est la vérité ? Toujours pas dans le puits ;
Pas plus demain qu’hier, à midi qu’à minuit.
Qui croit l’apercevoir, son erreur est profonde.
Il est vrai toutefois qu’aujourd’hui, plus âgé,
Je terrorise moins piétons et passagers
Et je feins d’oublier ce souvenir immonde.
