Le faon
2
Dans la forêt, en grand secret,
Une biche a faonné cette aurore ;
Et le petit, frêle et joli,
Sa mamelle, ce soir, cherche encore.
Un buisson touffu le défend.
Je me promène, sous les chênes
Du pas lourd d’un méchant braconnier ;
Puis je m’en vais et laisse en paix
Les grands bois, les taillis, le gibier....
Le soleil va se réchauffant.
Le bel avion que nous prenions
S’est lancé par-dessus les nuages ;
Oui, cet été, je t’ai chantée,
Quand mon cœur s’en allait en voyage
Vers le pays des éléphants.
Mais je reviens, comme un vieux chien,
Au pays de mes rêves : chez moi.
Sur cette terre où, solitaire,
J’oublierai nos fougueux émois,
Nos amours et tes bras étouffants.
Et je m’étonne que l’automne
Soit venu juste après le printemps ;
Passent la plage et ton corsage
Si je vois des canards sur l’étang :
De grands chasseurs je suis l’enfant.
Je chercherai, sans un regret,
Sans penser à ton sein qui soupire,
Sur le sol des empreintes où lire
Le grand secret de la forêt :
Qu’est devenu le petit faon ?
Une biche a faonné cette aurore ;
Et le petit, frêle et joli,
Sa mamelle, ce soir, cherche encore.
Un buisson touffu le défend.
Je me promène, sous les chênes
Du pas lourd d’un méchant braconnier ;
Puis je m’en vais et laisse en paix
Les grands bois, les taillis, le gibier....
Le soleil va se réchauffant.
Le bel avion que nous prenions
S’est lancé par-dessus les nuages ;
Oui, cet été, je t’ai chantée,
Quand mon cœur s’en allait en voyage
Vers le pays des éléphants.
Mais je reviens, comme un vieux chien,
Au pays de mes rêves : chez moi.
Sur cette terre où, solitaire,
J’oublierai nos fougueux émois,
Nos amours et tes bras étouffants.
Et je m’étonne que l’automne
Soit venu juste après le printemps ;
Passent la plage et ton corsage
Si je vois des canards sur l’étang :
De grands chasseurs je suis l’enfant.
Je chercherai, sans un regret,
Sans penser à ton sein qui soupire,
Sur le sol des empreintes où lire
Le grand secret de la forêt :
Qu’est devenu le petit faon ?
