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Sous le pavé...
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Sous ton drapé d’ivoire, ô douce Dame Plage,
Tu dévoiles sans fard tes courbes et mirages,
Quand l’été bienvenu, ô muse à grains dorés,
T'invites le quidam à venir s’y poser.

On vient installer là, presque en grand équipage,
Nos serviettes fleuries sous le soleil ravis,
Comme autant de drapeaux fiers dans ce paysage
Pour oublier la ville et rêver d'infinis

Les petits casse-cou, bâtisseurs éphémères,
Leur âme en chantier et les cheveux dans le vent,
Font naître des royaumes avec l’air de rien faire,
Sous le regard candide et joyeux des mamans.

La plage, cependant, bat sans un chef d’orchestre,
Chacun gratte sa gratte en toute discrétion.
mais s’il advient soudain que l’un mène la geste,
Toute une symphonie éclate en unisson

La mère Méditerranée, lors, la cajole,
Lui lèche les orteils, susurre des mots doux,
Pendant que le soleil, patriarche frivole,
Bronze le moindre dos dont il fait un bijou.

Ce grand manège tourne en air de vieux copains,
Des goélands grognons mais joyeux boute-en-train,
Et l’humain - pieds ferrés loin des rites salins -
S’enivre de la plage, ivre de vent marin.

Lorsque l’été s’enfuit, au loin dans le couchant,
On plie les souvenirs au sein d'une dentelle,
La plage se fait noble, immobile, attendant
Qu’un poème d’amour l’éveille et l’étincelle.

Viens, toi le vacancier, rêveur sur la jetée,
Sous le bec des mouettes et la plume du vent,
Confie-lui tes peines, tes amours oubliées,
La plage garde tout, pour l’éternel présent.

© Poème posté le 03/08/2025 par Akim

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