La chanson de Jehanne
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Où t’en vas-tu, fillette mienne,
Par les venelles du plaisir ?
La lune est vieille, la nuit tienne,
Et ton secret n’est que désir.
Jehanne, au coin d’une ruelle,
Avec sa mie, sans faire bruit,
Jouent chanson, celle la plus belle
Que l’on fredonne dans la nuit.
Leurs mains, voleuses de caresses,
Font sauter le loquet du cœur,
Et la chair, pleine de promesses,
Soupire un peu, rit de bonheur.
Le vin d’amour coule à la ronde,
Leurs yeux s’allument, doux larcins,
Et la tendresse vagabonde
Danse tourdion * jusqu’au matin.
Mais gare au vent, gare à la brume,
Aux passants gris, aux mauvais jours,
Car la jeunesse file et fume
Comme la flamme d’un amour.
Où sont les nuits, où sont les rires,
Les doux secrets, les corps charmés ?
Au gibet du temps, tout chavire,
Et l’on s’endort, cœur désarmé.
Par les venelles du plaisir ?
La lune est vieille, la nuit tienne,
Et ton secret n’est que désir.
Jehanne, au coin d’une ruelle,
Avec sa mie, sans faire bruit,
Jouent chanson, celle la plus belle
Que l’on fredonne dans la nuit.
Leurs mains, voleuses de caresses,
Font sauter le loquet du cœur,
Et la chair, pleine de promesses,
Soupire un peu, rit de bonheur.
Le vin d’amour coule à la ronde,
Leurs yeux s’allument, doux larcins,
Et la tendresse vagabonde
Danse tourdion * jusqu’au matin.
Mais gare au vent, gare à la brume,
Aux passants gris, aux mauvais jours,
Car la jeunesse file et fume
Comme la flamme d’un amour.
Où sont les nuits, où sont les rires,
Les doux secrets, les corps charmés ?
Au gibet du temps, tout chavire,
Et l’on s’endort, cœur désarmé.
*Tourdion: Danse du moyen-âge
