Odalisque
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La mer s’est délestée de toutes ses guipures
les repoussant du pied, mollement sur la plage.
Il est midi, la dune enfle un édredon sage
au chevet de sa muse endormie sans parures.
La mer a quelquefois la chair lisse et huilée
d’une grande odalisque indolente et hâlée
que l’ardeur du soleil écrase en son alcôve.
Son genou s’écartant vient heurter un haut-fond
une morve d’écume en témoigne, s’émiette
sans arracher la belle à sa torpeur muette
ni ravir un soupir à son sommeil profond.
On l’imagine mal briser un coquillage
mais la voile piquant un léger tatouage
à son épaule sait ses rages de grand fauve.
