Auto-biographie
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Elle écrivait sur des pages bien blanches
Des plages ocres bordées de dentelle
L'écume des jours effaçant les fautes
Prenant une vague à contre courant
Marées au reflux et flux incessants
Levant son stylo au large du temps
Réveillant le vent dans ses cheveux blancs
Cueillant des lettres au bords des chemins
Pétales d'herbiers dans tous les jardins
Mots en guirlandes gravaient ses papiers
A la fois pervenche et tendre lilas
Histoires de vies sillonnant le ciel
Celles d'un fidèle ou des infidèles
Celles de l'enfant, de l'adolescent
Souvenirs enfouis au creux des secrets
D'une boite bleue au velours soyeux
Le regard heureux ell'parcourt toujours
Derrière son front maintenant ridé
Quelques lignes de cahiers abimés
D'autres personnages, elle écrit des pages
Qui hantent ses nuits quand plus aucun bruit
Ne vient déranger sa mémoire usée
Là dans l'espace de ses grands yeux noirs
Se trouve un tiroir qui laisse la trace
De ses souvenirs qui la font frémir
Ell'cherche la bague aux remous des vagues
De son tendre amour dans son dernier jour
Le dernier soupir lui disant de vivre
Et d'écrire encor, encore plus fort
Pétales de vies sur les chemins gris
La plage ocre dort, écume de brume
La page blanche se remplit encore
Guirlandes de mots là-bas dans la lande
Brodées de fils d'or ...
