L'humanité
2
Plaqué à terre, bercé par une grande peur,
L’herbe mouillée me déloge de ma torpeur.
Blessé au sol, sans nul remède ni appui,
Ne pouvant bouger plus que l’oisillon dans son nid,
Une tache rouge enfle sur ma poitrine ;
Je voulais dormir pour la nuit qu’on devine…
Soudain, je vis intrigué passer un monde ;
Il y avait là, luisant dans les ténèbres,
Un hibou hululant la nuit que célèbre
Tous les êtres vivants que la vie féconde.
Cet appel, telle une trompe guerrière
Embrasa les ronces, les champs, la bruyère !
Les fourmis, les mouches, les vers, les araignées,
Engagèrent le conflit en sublimités !
Les campagnols, hauts mastodontes superbes,
Chargeaient en cavalerie à travers l’herbe !
Puis l’étincelle, sauterelle aguerrie,
Passa d'herbe en herbe, volant à demie,
Précédant l'envol de trois moucherons pressés
Attirés par le ciel, sur les roses couchés.
Personne ne put témoigner du manège
Nocturne, en ce jour que ma vie agrège.
La lande blanchâtre, que les obscurités
De la nuit et de mon être avaient masqués,
Était le lieu d'une mort telle la nôtre.
Les bêtes sont des hommes comme les autres !
A l'aube, je m’assoupi dans la clairière,
Abandonnant là, l'humanité toute entière.
L’herbe mouillée me déloge de ma torpeur.
Blessé au sol, sans nul remède ni appui,
Ne pouvant bouger plus que l’oisillon dans son nid,
Une tache rouge enfle sur ma poitrine ;
Je voulais dormir pour la nuit qu’on devine…
Soudain, je vis intrigué passer un monde ;
Il y avait là, luisant dans les ténèbres,
Un hibou hululant la nuit que célèbre
Tous les êtres vivants que la vie féconde.
Cet appel, telle une trompe guerrière
Embrasa les ronces, les champs, la bruyère !
Les fourmis, les mouches, les vers, les araignées,
Engagèrent le conflit en sublimités !
Les campagnols, hauts mastodontes superbes,
Chargeaient en cavalerie à travers l’herbe !
Puis l’étincelle, sauterelle aguerrie,
Passa d'herbe en herbe, volant à demie,
Précédant l'envol de trois moucherons pressés
Attirés par le ciel, sur les roses couchés.
Personne ne put témoigner du manège
Nocturne, en ce jour que ma vie agrège.
La lande blanchâtre, que les obscurités
De la nuit et de mon être avaient masqués,
Était le lieu d'une mort telle la nôtre.
Les bêtes sont des hommes comme les autres !
A l'aube, je m’assoupi dans la clairière,
Abandonnant là, l'humanité toute entière.
