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Rimbaldage
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Plutôt que me farcir l’eau vive des rivières,
Au risque de trouver ma carène en haillons,
Éventrée par les rocs de la montagne fière,
Je kayakise en mer et j’en sais un rayon.
 
Mon vaillant propulseur navigue tête nue,
De même que les bras lorsque le ciel est bleu,
Mais vêt un coupe-vent quand surgissent les nues 
Et son bel anorak si par malheur il pleut. 
  
La cervelle en repos, il manie la pagaie comme
Un presque Inuit. En mer, il est en somme
Tel un poisson dans l’eau et n’y a jamais froid.
 
Les senteurs iodées font vibrer sa narine,
Un gilet de survie embellit sa poitrine
Et quand il tient un cap, il me fait filer droit.

On m'appelle Razkayou. Je suis un kayak de mer.
Comment un esquif en plastoc authentique peut-il versicoter sur Internet comme le premier poètereau venu ? Je n'en ai pas la moindre idée. Et je m'en tamponne le coquillard (c'est ainsi que nous autres kayaks de mer désignons familièrement le fond de notre coque).

© Poème posté le 21/02/2025 par Pierre Lamy

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