Carte postale
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Tâté d'un pied prudent une vague frisquette
salé dans les embruns mes mots que le vent gerce
lissé de l'œil la lande ébouriffée d'averses
humé des chemins creux les haleines violettes
Taillé les hortensias têtus sous les rafales
essorant dans leurs poings des camaïeux de pluie
je vous espère là dès que le soleil luit
et lape tous les gris de ma carte postale
À courir sur l’estran je fatigue ma peine
et glisse des chardons entre les pages nues
des marées feuilletées semaine après semaine
Bien que les vents d'hiver aient fait fuir les vanneaux
et qu'au port soit figée la noria des bateaux
je m'obstine à rêver sans fin votre venue
