La boite à chaussures
3
Je dénichai, tout en haut d’une armoire
Dans la poussière, une boite à chaussure
Portant au feutre noir ma signature…
Elle enflamma aussitôt ma mémoire.
Enfant, et par la suite adolescent,
Dans ce bel âge que l’on dit junior,
J’y consignais tous mes menus trésors,
Les jeunes cahots d’un cœur fleurissant.
Dénouant son ruban bleu délavé,
Je découvris tout un fatras d’objets,
Mais principalement de vieux papiers,
Registres de sentiments oubliés.
Il y avait là, de quatre-vingt-trois,
Une missive ma foi bien sentie
Qui me jurait un amour infini…
Une bluette de deux mois je crois,
D’autres, plus nombreuses, aérogrammes
Qui me replongèrent loin en arrière
En rallumant sous des mots la lumière
De seins saillants déjà de jeune femme.
Avait-elle treize ans, quinze peut-être,
- Aucune année posée sur les photos -
Sur l’une d’elles, montés à vélo,
Je la poursuivais, près d’une rivière.
Fouillant un peu plus le fond de la boite,
Je remontai des cartes de Noël,
Le faire-part de mariage pastel
De celle à vélo, en largeur étroite.
Enfin mes doigts effleurèrent soudain,
Lisses et infiniment délicats,
Des galets de ruisseau, grège ou grenats
Que je collectais quand j'étais gamin.
L’un d’eux avait l’aspect d’un joli cœur,
Je l’avais glané dans cette rivière
Pour celle qui avait quinze ans peut-être,
Sans oser l’offrir, par simple pudeur.
Soufflant sur le couvercle la poussière,
Renouant le cordon bleu délavé,
C’est mon vieux passé que je replaçais
Sur le caisson haut de la bonnetière.
Dans la poussière, une boite à chaussure
Portant au feutre noir ma signature…
Elle enflamma aussitôt ma mémoire.
Enfant, et par la suite adolescent,
Dans ce bel âge que l’on dit junior,
J’y consignais tous mes menus trésors,
Les jeunes cahots d’un cœur fleurissant.
Dénouant son ruban bleu délavé,
Je découvris tout un fatras d’objets,
Mais principalement de vieux papiers,
Registres de sentiments oubliés.
Il y avait là, de quatre-vingt-trois,
Une missive ma foi bien sentie
Qui me jurait un amour infini…
Une bluette de deux mois je crois,
D’autres, plus nombreuses, aérogrammes
Qui me replongèrent loin en arrière
En rallumant sous des mots la lumière
De seins saillants déjà de jeune femme.
Avait-elle treize ans, quinze peut-être,
- Aucune année posée sur les photos -
Sur l’une d’elles, montés à vélo,
Je la poursuivais, près d’une rivière.
Fouillant un peu plus le fond de la boite,
Je remontai des cartes de Noël,
Le faire-part de mariage pastel
De celle à vélo, en largeur étroite.
Enfin mes doigts effleurèrent soudain,
Lisses et infiniment délicats,
Des galets de ruisseau, grège ou grenats
Que je collectais quand j'étais gamin.
L’un d’eux avait l’aspect d’un joli cœur,
Je l’avais glané dans cette rivière
Pour celle qui avait quinze ans peut-être,
Sans oser l’offrir, par simple pudeur.
Soufflant sur le couvercle la poussière,
Renouant le cordon bleu délavé,
C’est mon vieux passé que je replaçais
Sur le caisson haut de la bonnetière.
