Quel est ce monstre en moi, cet humain que je porte,
Ce serpent arrogant lové dans mes entrailles
Qui sans cesse persifle et sans cesse m’exhorte
A cracher mon venin, mordre la valetaille ?
Quel hydre sanguinaire entre cœur et aorte
S’amuse à ces combats où je tranche, où je taille
Où la fureur m’aveugle et la colère m’emporte
Où, pour un simple affront, j’exige représailles ?
Je nourris dans mon sein ce poulpe ce reptile
Qui pour mieux m’asservir a des raisons subtiles
Tout homme me dit-il est né pour guerroyer
Semer la mort c’est trouver la toute puissance
C’est un bonheur de voir son ennemi ployer
Et le sang sur les mains est exquise jouissance
