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Dounia
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Dounia
T’ai-je promis des temps heureux
T’entourant la taille d’un lierre de feu ?
T’ai-je promis de flamboyants matins
De tordre pour toi le bras du destin ?

Un jour peut-être du bord d’un nuage
Le cœur exalté d’enivrants fleurages
Dans les flots de tes mèches ai-je
Glissé le pétale d’une rose grège

Dounia
Non ce n’est pas que je t’ai menti
C’est qu’à vingt ans à peine
Les jurons des haleurs de la nuit
Ne sont que clameurs lointaines

On accompagne, aveuglé, ébloui
Le contour et la beauté inouïe
Des songes, des douces épaules
Et tant pis si dehors pleure le saule

Dounia
Pauvre fou, ignorant que je fus,
Il est vrai qu’à vingt ans à peine
Que sait-on des mondes perdus
Des cieux ensanglantés de haine ?

Non vois-tu je ne t’ai pas trahie
Pourrait-on dis-moi trahir la vie
Quand le ciel verse dans les yeux
Ses tapis de pervenches bleues

Dounia
Traces de mains sales et rêches
Froid, grès frotté sur le corps
Sculpture d’ombre de la mort
Fin brutale d’eau pure et fraîche

Fille pourtant préférée du soleil
Aux lèvres pleines du jus de treille
Tes beaux yeux de cendre embués
S’inclinent vers l’antre des gelées

Dounia
J’aimerais tant pouvoir te dire
Qu’enfin le vieux monde s’est tu
Mais hélas à broyer, à détruire
Combien il déploie d’ardeurs têtues !

Maintenant je ne te serais d’aucun secours
J’ai l’âme peuplée de sombres ajoncs
Le vent dans mes mains tourne court
Il répand la boueuse odeur des joncs

© Poème posté le 19/11/2024 par Hurlevent

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