Peur d'enfant
1
Enfant m'affolaient les avions,
Ces monstrueux oiseaux de fer,
Leurs sourds et longs cris de dragon
Qui déchiraient parfois les airs.
Les miens ressemblaient aux oiseaux,
Volant sans troubler le silence
Ni la ceinture de ruisseaux
Qui enrubannait mon enfance
Car j’en confectionnais bien sûr
Dans un papier journal ou blanc,
Ils filaient tout droit vers l’azur,
Leurs ailes pliées sur le vent.
Par l’étude j’ai pu saisir
Plus tard l’art de leur suspension,
Comment ils pouvaient s’affranchir
De la Terre et son attraction,
La technicité inouïe
Et la puissance des moteurs,
Celle du pilote qui lit
Placide, le bloc des compteurs.
Mais en vain mon crâne argumente,
Jamais je n’irai vers les portes
De ces tarmacs qui m’épouvantent…
Ma peur d'enfant reste plus forte.
Ces monstrueux oiseaux de fer,
Leurs sourds et longs cris de dragon
Qui déchiraient parfois les airs.
Les miens ressemblaient aux oiseaux,
Volant sans troubler le silence
Ni la ceinture de ruisseaux
Qui enrubannait mon enfance
Car j’en confectionnais bien sûr
Dans un papier journal ou blanc,
Ils filaient tout droit vers l’azur,
Leurs ailes pliées sur le vent.
Par l’étude j’ai pu saisir
Plus tard l’art de leur suspension,
Comment ils pouvaient s’affranchir
De la Terre et son attraction,
La technicité inouïe
Et la puissance des moteurs,
Celle du pilote qui lit
Placide, le bloc des compteurs.
Mais en vain mon crâne argumente,
Jamais je n’irai vers les portes
De ces tarmacs qui m’épouvantent…
Ma peur d'enfant reste plus forte.
