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La parjure

Il arriva de loin en loin qu’on me prit une feuille, une branche ou un éclat de cœur
La tempête me tint parfois un langage obscène de déracinement
Combien de fois l’allié révolté de l’orage m’a-t-il traversé
Puis jeté ses confettis d’air apaisé contre les maisons ?
J’ai tout donné à ce monde
À l’aube mon visage éclairé d’oiseaux
À toutes les dévotions à la vie j’ai ouvert
Mon église échafaudée de brins de lumière
J’ai pris en moi la monotonie sans fin des champs
J’ai recouvert de mes larmes sèches estivales le seuil mortel de l’automne
J’ai tranché d’ombre et de pluie l’ardente intention du soleil
Pour beaucoup j’étais celui au pied duquel
La canicule venait étancher sa douloureuse soif
J’ai accumulé tant de savoirs dans les pliures de mes cernes
J’ai tant donné à ce monde
Jusqu’à l’accomplissement de la parjure humaine
en souvenir des chênes pluriséculaires abattus sur le tracé de l'A69 par la cupidité d'une petite bourgeoisie d'état

© Poème posté le 18/09/2024 par Hurlevent

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