Un matin commence par une nouvelle aube,
Mes pensées s'égarent et de moi se dérobent.
Figé là, le temps s'écoule et se rend moins probe,
Quand ton regard me lobe et que tes mains me robent.
Ce matin ne commencera pas comme d'habitude,
Puisque les siècles s'enfuient, pendant que l'on s'étudie.
Alors, à l'heure d'aller doler l'étal des plus prudes,
Nos cœurs, leurs magnitudes, de nous daignent s'esbaudir.
Ce matin exsude la plénitude et ainsi concède
De l'espace à notre fusion et par la même abcède
Les doutes inquiétants qu'entraîne alors l'amour obscène.
Obsédant, il naît calciné, une délétère aubaine.
Alors, le temps d'une seconde, ton âme touche la mienne,
Tu embrasses ce que je couronne et tu veux en être reine.
Nos deux êtres suintent la passion et l'Eden en est vain,
Puisque nous sommes les maîtres du temps, le chrono dans nos mains.
Donc suis-moi, allons découvrir le monde, suspendons les secondes,
Prenons-nous par la main et embrassons-nous sous un ciel rubicond
Et ensemble, allons arracher les toisons des règles qui nous incombent.
Pendant que tout s'effondre, regardons tomber les anges du toit du monde.
Arrêtons le temps, abusons des lois qui ne sont pas les nôtres.
Transcendons ce qui nous était promis, laissons le "vrai" aux autres.
Rien n'a plus d'importance tant que tes doigts glissent dans ma paume,
Alors viens, traversons aveuglément les portes des époques.
