Ouf !
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Jeu de l’amour et du hasard,
Comme on se fiançait naguère,
Et pour la dot et pour la terre,
Ne vis mon épouse berbère
Que le Jour J sous le fou fard
Fait d’une merveilleuse ganse
Qu’ambrait l’ombre fine du khôl
Soulignant l’iris de son œil,
Toute ma vie, en serai fol,
Intact instant, quand j’y repense !
Elle avait poussé sur le rif,
Ensoleillée ; à la peau ferme
Aussi, si douce, un tendre derme
Nourri d’argan, ointe de crème,
Une eau fraîche inonda ma nef.
Quand vint le temps des épousailles,
Les étoffes comme un cadeau,
Découvrant le plus beau château
Me firent l’effet d’un couteau
Qui perça toutes mes grisailles.
