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Ecrire



La nuit, le jour, sur la pierre ou le sable ?
Avec du bois ou seulement la peau ?
Un jeune enfant, un ainé vénérable ?
Pour le commerce ou juste pour le Beau ?
Comment naquit ce merveilleux mystère
Et voulait-il représenter la Terre
Dans le miracle de l’eau du ruisseau,
Dans le bourgeon qui nait sur l’arbrisseau,
Pour la douleur de voir mourir sa mère ?
Ecrire encore au calame, au roseau,
L’absurdité d’une vie éphémère.

Il nous fallait un code transposable,
Un glyphe en feu, l’universel flambeau !
La lettre ainsi se verrait responsable,
Et, du berceau jusqu’à notre tombeau,
L’on graverait cet acte humanitaire,
Nos chants d’amour, notre humeur délétère,
A partager, comme un trille d’oiseau,
A l’arme blanche, au tranchant du ciseau,
L’acte héroïque -Ulysse de l’Homère-
Quand, au cachot, transparait le faisceau :
L’absurdité d’une vie éphémère.

La mémoire en ce qu’elle est diffusable
Se meurt aux temps et le pont Mirabeau
D’Apollinaire est indéfinissable
Hymne à l’oubli qui s’avance, oripeau ;
Lame des flots depuis le belvédère
De la pensée et qu’on ne sait pas taire,
Ne cessera d’être notre couseau,
Nous, animal, de la queue au naseau,
Nous écrirons toujours mainte chimère,
Colporterons, depuis notre vaisseau,
L’absurdité d’une vie éphémère.

Bouddhiste ou sikh, menteur inépuisable,
Pour réunir le plus vaste troupeau,
Rédigerons quelque fable impensable
Et garnirons notre bel échampeau
D’un faux soleil des criques de Cythère
Inventerons des dieux dans le cratère
D’un vieux volcan, verrons dans le guiseau
Ou dans l’orvet, le signe du Verseau ;
Ecrit sacré qui, lors d’un nycthémère,
Livre aux vivants -de l’homme au vermisseau-
L’absurdité d’une vie éphémère.

Alors, écrire un message inclassable
Qu’encre au vélin la plume du corbeau,
Quand, sur les lignes de l’arbre, inlassable,
Tourne un poète et court tel un grimpeau,
A la recherche de son Finistère,
-Un parfait vers et le plus salutaire-
Un de son âme aiguisée en biseau,
Depuis son sang qui provenait du seau
Du fond du puits de son imaginaire ;
Ecrire et balayer d’un plumasseau
L’absurdité de sa vie éphémère.

© Poème posté le 02/06/2024 par Lau

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