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Par delà le grand Nord
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Posséder les joyaux, s’enivrer de la gloire,
Entendre la rumeur d'un peuple admiratif,
De liqueur se saouler en cet apéritif
Où désire un raisin, dans un doré ciboire,

S'enmourir lentement dans cette ivresse à boire,
Sachant n'exister pas de charme curatif
Autre que le baiser qui palpite, hâtif,
Dans le nichoir des mots qui berce toute histoire...

L'oiseau s'est envolé au delà d’Avalon,
Au delà de Thulé, au delà de Borée ;
Que reste-t-il ci-bas, de la douce adorée,

Sinon le souvenir de course en ce vallon
Dont l'écho sonne encor des clartés de son rire
Et que, dans ses éclats, la lumière se mire ?
©JIM

LE ROI DE THULÉ

Il était un roi de Thulé qui fut fidèle jusqu’au tombeau, et à qui son amie mourante fit présent d’une coupe d’or.
Cette coupe ne le quitta plus ; il s’en servait à tous ses repas, et, chaque fois qu’il y buvait, ses yeux s’humectaient de larmes.
Et, lorsqu’il sentit son heure approcher, il compta ses villes, ses trésors, et les abandonna à ses héritiers, mais il garda sa coupe chérie.
Il s’assit à sa table royale, entouré de ses chevaliers, dans la salle antique d’un palais que baignait la mer.
Ensuite il se leva, vida le vase sacré pour la dernière fois, et puis le lança dans les ondes.
Il le vit tomber, s’emplir, disparaître, et ses yeux s’éteignirent soudain… Et, depuis, il ne but plus une goutte !
(Goethe - Nerval)

© Poème posté le 26/05/2024 par Jim

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