La mer hic et nunc
2
Les tornades déferlant, à verse, sur la rade,
Le danger dont les traits sont de Stewart Granger,(1)
Le chant de Moby Dick, le souffle de Conrad,
Ne manquent ni attraits ni mobiles pour s’engager
Sur les quais détrempés, je pars chercher Querelle,(2)
Les chambranles des cabines, où, accorts, branlent les gonds,
Les équipages que brouillent les faveurs du second,
Les cohortes arpentant de vastes passerelles
Ainsi, astiqueraient de coquets mousquetons,
Cireraient des culasses, les escouades de matafs
Briqueraientt coques et poupes, les mousses à croupetons,
Houspillés par des quartiers-maitres aux trois-quarts paf ?
J’émarge et vend ma peau contre quelques centimes,
Une solde de misère vient solder mon passé,
Le hic est que, bleu-bite, j’émerge, tabassé,
Et je n’entrave que pouic au jargon maritime.
Guignant une existence à l’abri des frimas,
Où frimer, en vareuse, cap sur Bonne Espérance,
J’y gagne malheureuses déveines, désespérances,
La famine qui me ronge, quand démange l’eczéma,
L’éternelle litanie des verdâtres océans,
Les avanies cruelles qui émaillent de saillies
Le gréement monotone, et le corps en bouillie,
Agrémentent un voyage qui bastonne mon séant.
Une brusque inspiration, une bourrasque éphémère,
J’appelle à la rescousse, les mannes des deux Melville,(2)
Et se mêlent au chahut des embardées viriles,
La fièvre contagieuse des trouvailles littéraires
Des quintes de rimailleurs s’échinent sur le ponton,
On voit un rude gaillard, un coureur de jupons,
-Qui en ces nuits câlines, cuisine le marmiton.-
Peindre à l’encre de Chine sur la Mer du Japon.
Je commence, pour de bon, à gober mes hallus,
L’ile du docteur Moreau, où morues et sauriens,
S’énamourent en sous mains, mais vous n’en saurez rien,
Je me pieute, terrassé par une crise de palu.
Les sextants mutins, fuyant grèves et négoces,
Hèlent les requins-marteau et les baleines à bosse,
Dans un ventre fécond, j’embarque, Pinocchio,
Me laissant remorquer, jusqu’au Ponte Vecchio,
Bercé par les accords de consciencieux grillons,
J’ai, pour m’en griller une, les compagnons ad-hoc,
Médisant du Médoc, doctes en nœuds papillons :
Achab tenant la grappe au chevalier Haddock.
Le danger dont les traits sont de Stewart Granger,(1)
Le chant de Moby Dick, le souffle de Conrad,
Ne manquent ni attraits ni mobiles pour s’engager
Sur les quais détrempés, je pars chercher Querelle,(2)
Les chambranles des cabines, où, accorts, branlent les gonds,
Les équipages que brouillent les faveurs du second,
Les cohortes arpentant de vastes passerelles
Ainsi, astiqueraient de coquets mousquetons,
Cireraient des culasses, les escouades de matafs
Briqueraientt coques et poupes, les mousses à croupetons,
Houspillés par des quartiers-maitres aux trois-quarts paf ?
J’émarge et vend ma peau contre quelques centimes,
Une solde de misère vient solder mon passé,
Le hic est que, bleu-bite, j’émerge, tabassé,
Et je n’entrave que pouic au jargon maritime.
Guignant une existence à l’abri des frimas,
Où frimer, en vareuse, cap sur Bonne Espérance,
J’y gagne malheureuses déveines, désespérances,
La famine qui me ronge, quand démange l’eczéma,
L’éternelle litanie des verdâtres océans,
Les avanies cruelles qui émaillent de saillies
Le gréement monotone, et le corps en bouillie,
Agrémentent un voyage qui bastonne mon séant.
Une brusque inspiration, une bourrasque éphémère,
J’appelle à la rescousse, les mannes des deux Melville,(2)
Et se mêlent au chahut des embardées viriles,
La fièvre contagieuse des trouvailles littéraires
Des quintes de rimailleurs s’échinent sur le ponton,
On voit un rude gaillard, un coureur de jupons,
-Qui en ces nuits câlines, cuisine le marmiton.-
Peindre à l’encre de Chine sur la Mer du Japon.
Je commence, pour de bon, à gober mes hallus,
L’ile du docteur Moreau, où morues et sauriens,
S’énamourent en sous mains, mais vous n’en saurez rien,
Je me pieute, terrassé par une crise de palu.
Les sextants mutins, fuyant grèves et négoces,
Hèlent les requins-marteau et les baleines à bosse,
Dans un ventre fécond, j’embarque, Pinocchio,
Me laissant remorquer, jusqu’au Ponte Vecchio,
Bercé par les accords de consciencieux grillons,
J’ai, pour m’en griller une, les compagnons ad-hoc,
Médisant du Médoc, doctes en nœuds papillons :
Achab tenant la grappe au chevalier Haddock.
(1)acteur des "Contrebandiers de Moonfleet"
(2)cf. Querelle de Brest de Jean Genet
(3) Herman l'auteur de "Moby Dick" et Jen Pierre celui du "Silence de la mer"
(2)cf. Querelle de Brest de Jean Genet
(3) Herman l'auteur de "Moby Dick" et Jen Pierre celui du "Silence de la mer"
