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Holorimes
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Par le haut vert de syllabe oratoire, s'aimer,
Parle Ô vers ! de six laboratoires, ces mets,
L'esprit adéquat se répond, là, raisonne, anse,
Laisse, prie, à des quoi, ce rai pond la résonnance.

À l'holorimage, calame s'amuse: effets !
Halo ! lors, images qu'a l'âme, sa muse est fée,
Prouesse aux mines d'or, l'une a ce voeu près d'étoiles,
Proue est-ce omis ? Ne dort luna, se veut pré des toiles.

Apprendre ; l'encre, innée fable, conte ses desseins,
À prendre, l'ancre ineffable compte ces dessins,
Cime en lierre, Verdi, ses beaux dits font de l'heure
Ciment: l'hier verdit, s'esbaudit, fonde l'heur.

Poète miroir et vif, l'être donné ouï,
Peau ; êtes mi-rois, rêve, ifs, lettres, do né oui,
La baguette du chef érige dès bon air,
-Là-bas, guette, duché fait, ris-je débonnaire ?


Des vers holorimes sont des vers qui se prononcent exactement de la même façon, quoiqu'ils soient formés de mots différents.

La rime est donc constituée par la totalité du vers, et non pas seulement par une ou plusieurs syllabes identiques à la fin des vers comme c'est le cas dans la rime classique.

Parmi les holorimes les plus célèbres, on peut citer par exemple :

Étonnamment monotone et lasse
Est ton âme en mon automne, hélas !
[Louise de Vilmorin].

Par les bois du Djinn, où s'entasse de l'effroi,
Parle et bois du gin !… ou cent tasses de lait froid.
(Alphonse Allais)

Dans cet antre, lassés de gêner au palais,
Dansaient, entrelacés, deux généraux pas laids.
(Lucien Reymond)

Dans ces bois automnaux, graves et romantiques,
Danse et bois aux tonneaux, graves et rhums antiques
(Jacques Prévert)

Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses,
Danse, aime, bleu laquais, ris d'oser des mots roses (…)
(Théodore De Banville)

© Poème posté le 25/04/2024 par Assonance

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