J’ai lu, pas plus de deux, sur la boite de gélules,
Mais n’en fais qu’à ma tête (de mule disent les envieux),
La poitrine comprimée, s’imprime, en préambule,
Mon serment diluvien de ne pas finir vieux.
La veilleuse tremblotant, flottent d’électriques moutons,
L’air a la consistance d’une aile de libellule,
Qui me hâle vers les limbes, en langes sur le ponton,
Et nimbe les angelots en frêle conciliabule.
Ma substance essentielle, libérée des cellules,
S’ébat dans les prairies verdoyantes du Seigneur,
Barbotant chez les Laze en costume de baigneur,
J’annonce, donnant le change, un blaze à particule,
La frontière que filoutent, tête brulées et marlous
A des contours floutés, et dans le vestibule,
L’ordonnance des cerbères, que dissimulent des loups,
D’une prestance laconique, part d’un rire minuscule.
Des étoiles androgynes ont, en tutu de tulle,
La grâce immatérielle des anges de l’ici-bas,
Mais quand une langue de feu vient dorer ma pilule,
Je prends la fée dragée pour la reine du sabbat.
Rescapées d’un vieux Strange, fanzine de mon enfance,
Des onomatopées viennent me coincer la bulle,
Moulé, de pieds en cape, d’un désolant sous-pull,
Capitaine Flam gazouille de maousses confidences.
Cette piqure de rappel du cheval à bascule,
D’enveloppantes présences qui me soufflaient « Mon ange »,
Est une cure de Marvel : les consciences se mélangent,
Les effets se ménagent ; sur le seuil je recule.
Funèbre pas de deux, sur le fil, funambule,
Bruno Ganz(1) me fait grâce, baisse, du fourneau, le gaz,
Je crache mon bulletin : dans l’enceinte du Teppaz,(2)
L’aiguille creuse son sillon, d’une berceuse somnambule.
Poème écrit par
Deshaiessaintes
Pause au logis
(1) Interprète de l'ange berlinois des Ailes du désir de Wenders.
(2)Marque d'électrophone
(2)Marque d'électrophone
Tous droits réservés © Poème posté le 11/04/2024 par Deshaiessaintes
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