Hideur
3
Dans ce vieux chêne moribond,
Un démon gît là, qui sommeille ;
Toute la gent insecte y pond,
Profitant, malédiction vieille,
De la détresse de l’ancien.
- On voit de loin qu’une pendue
A laissé, d’un grand amour sien,
Tant de peine étant à lui due…
Ses longs doigts, crochus dans le ciel,
Griffent l’azur d’inavouable..
…Pas d’abeilles ! Ni fleurs, ni miel.
La sciure, comme du sable,
De lui coule par mille trous !
Noir, merveilleusement sinistre,
De très loin, c’est une île ! et tous,
Lutins, trolls, sonnent là du sistre !
Indiquant la croix des chemins,
Il avoue une diablerie ;
Un fantôme, et des monstres nains,
Après danser, dans la prairie,
S’y retrouvent, pour des sabbats ;
Parfois une lamie y grimpe
Avec des reliefs de repas…
Autour de lui se forme un limbe,
Halo discrètement blafard,
Brûlant les nuits de lune noire.
- Du sang frais lui fait comme un fard ;
Sous l’aubier, nue est la Mémoire,
On l’égorge très lentement…
Or, douze sonne à la pendule ?
Résistez ! l’arbre est un aimant ;
Écoutez l’instinct qui stridule :
Ici n’est pas pour le mortel,
Oubliez l’ignoble agonie
De cette yeuse, et signez-vous, tel
Que conseille une foi honnie !
Un démon gît là, qui sommeille ;
Toute la gent insecte y pond,
Profitant, malédiction vieille,
De la détresse de l’ancien.
- On voit de loin qu’une pendue
A laissé, d’un grand amour sien,
Tant de peine étant à lui due…
Ses longs doigts, crochus dans le ciel,
Griffent l’azur d’inavouable..
…Pas d’abeilles ! Ni fleurs, ni miel.
La sciure, comme du sable,
De lui coule par mille trous !
Noir, merveilleusement sinistre,
De très loin, c’est une île ! et tous,
Lutins, trolls, sonnent là du sistre !
Indiquant la croix des chemins,
Il avoue une diablerie ;
Un fantôme, et des monstres nains,
Après danser, dans la prairie,
S’y retrouvent, pour des sabbats ;
Parfois une lamie y grimpe
Avec des reliefs de repas…
Autour de lui se forme un limbe,
Halo discrètement blafard,
Brûlant les nuits de lune noire.
- Du sang frais lui fait comme un fard ;
Sous l’aubier, nue est la Mémoire,
On l’égorge très lentement…
Or, douze sonne à la pendule ?
Résistez ! l’arbre est un aimant ;
Écoutez l’instinct qui stridule :
Ici n’est pas pour le mortel,
Oubliez l’ignoble agonie
De cette yeuse, et signez-vous, tel
Que conseille une foi honnie !
