Es-tu l’arbre où il me faut grimper,
Le fruit que je dois envelopper,
La liqueur qui chauffera mon ventre,
La présence entre
Les murs de ma maison de poupée ?
Suis-je le sol que tes désirs creusent,
La jument que tu rendras heureuse
En flattant son pelage luisant ?
Au fil des ans
Garderas-tu l’humeur laboureuse ?
Allons-nous mordre ensemble au futur,
Lécher mutuellement nos blessures ?
Jetterons-nous par-delà les mondes
Ces coups de sonde
Qui comblent le vide et nous rassurent ?
Oui, je te crois mon bonheur caché,
Celui que j’ai si longtemps cherché,
Le bois dur dont on dresse les lances,
La noble essence,
Cet arbre enfin où je peux percher…
