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Poème écrit par Opus

A une dévote

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Marquise, de la passion ici nommée
Qui faites grand bruit, soutenez la renommée,
Pour vos vastes bontés, pour votre clair ramage
A vos pieds sans fard dévotions et hommage.
Ardente dans vos émois, jamais timorée
(D’une âme noble jamais don n’est ignoré)
En vos plis et brocarts à l’étoffe soyeuse,
Marquise, à votre vertu aimante et joyeuse
Je rends grâce, onc à triste raison ramenée
D’être toujours généreuse (un peu surmenée).
Quand fureurs et vacarmes font loi en ce monde
Semant indifférence, haine et crime immonde
Votre cœur seul, en votre chair apitoyée
Est dans le tumulte vain une anse choyée.
La volupté seule et l’amour, et la joie pure
Sont à votre âme nobles atours et guipure.
Quand sabre et goupillon s’allient pour les malheurs
Des peuples égarés en des vallées de pleurs
Vous préférez, Marquise, d’autres ustensiles
Manier à vos desseins secrets, moins futiles.
En des cryptes secrètes vous clamez l’espoir
De nouveaux lendemains et de quelque grand soir
Quand l’aube vous retient encore à l'ouvrage
Et salue rougeoyante une fougue sauvage,
Quand s’accomplit sans fin l‘heureuse passion
Qui vous porte, Marquise, en votre ascension.
Des gueux, des sans titre, que les destins flétrissent
Silencieux face aux meutes accusatrices
Ceux qui sont sans visage et qui vont sans avoir
Ceux sur qui on crache sans chercher à savoir
Tous les damnés qu’une pauvre terre inféconde
Jette sur les routes et que nul ne seconde
Marquise, de ce flot incessant de douleur
Et d’affront que dire sauf un lit de couleur
Une pincée de déraison, une bohème
Fantaisie, un rêve pourpre, à peine un poème.

Tous droits réservés © Poème posté le 12/02/2024 par Opus

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