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La carte de visite
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C'est fait, tout ce que je craignais arrive tout d'un coup.
Le mal qui me ronge chaque jour un peu plus,
Est sorti de mon corps et a souillé vos âmes.
A faire couler les larmes avec ses viles armes.

Jamais la souffrance n'avait été si grande,
Que depuis que ma fille montre son désarroi
Et met ma femme en larmes, et met ma femme exsangue.
Et je le vois trop bien, comment il nous dévoie.

Il nous a pris, dans le petit jeu sordide,
Qu'il avait décidé de jouer cette fois,
Tout juste en me laissant une carte de visite
Comme si nous avions oublié qu'il était là !

Mais je ne suis pas dupe et tu ne m'auras pas.
Non, sur ce terrain là tu ne me tueras pas.
Pendant que je me soigne pour te ralentir,
Tes effets alentour, je vais anéantir

La force qui me reste sera dans cette bataille.
Ma fille sera heureuse, je m'en fais le serment.
Et tu ne viendras pas y mettre la pagaille,
Je suis plus fort que toi, je l'aime profondément

Et ma femme, la forte, celle qui est comme un roc,
Non tu n'arriveras pas à la faire chanceler.
Elle sait tout de toi, elle sait sans équivoque,
Plus jamais par ta faute, elle n'sera ébranlée

Quant à moi, je suis prêt tu ne fais plus peur.
Et si c'est ton plaisir, viens donc prendre mon corps.
Mon âme, tu le sais, je l'ai déjà donnée...
Il y a bien longtemps qu'est passée la torpeur,
Et j'ai écrit mon âme à tous ceux que j'adore.
Si tu viens m'achever, ils seront prêts, tous près...

Ta vie, tumeur, reste triste et dénuée de sens
Certes, tu vas me tuer, et mourir avec moi !
Quelle belle victoire ! que de finir en cendres...
Comme tu aura lutté, juste pour ce contre sens
Et j'aurais survécu, à écrire tous ces mois
Je serai dans les mots, et jamais dans les cendres

© Poème posté le 27/01/2024 par Reverbrol

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