Traces
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Refermant sur l’étang sa laiteuse opaline
le gel a capturé dans son piège patient
et serre dans son poing les roseaux sommeillant,
les herbes de la rive et la ronce chagrine
Sur le miroir terni par un souffle assassin
le soleil a cessé d’émietter ses copeaux
seul un chemin d’étoile ébauché par l’oiseau
en égrenant ses pas y grava son dessin
Cette trace ténue palpite vaguement,
s’offre, discret message, à tout lecteur aimant
qui cherche à déchiffrer le faisceau de ses mots
Par son cri de rocaille écorchant le silence
on imagine bien la fuite d’un corbeau.
Toute vie s’est figée dans l’éternelle absence.
