N'importe où
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Nous, n'importe où, nous sommes rencontrés ;
Tu t'appelais peut-être Nathalie ;
Nous étions gens que le constant spolie
Et nous semblions partager à grands traits
Tout d'une vue, au vain cru de la lie,
Ce fond de foudre où les temps sont outrés
Pour ceux qui voient du Grand Trou les attraits,
Tant nous buvions le vin cru de la vie...
Puis, le futur passe encore aujourd'hui :
Chaque moment nous a vite ébloui ;
Que faire, enfin, de cette meurtrière ?
L'autre, inconnu, remue au bord de nous ;
Autour du chant de force un vortex erre,
Portera-t-il ma lèvre à vos genoux...
