C'est ...
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C’est d’abord, immobile et souple cependant,
Le voile ample et diffus laissé parmi les stalles
Par des heures d’attente* aux rives matinales
Et des siècles de pierre aux marches du couchant.
Puis c’est le frôlement délicat du manteau
Qu’offre à l’âme transie la pénombre des cierges :
Ici le pas s’arrête et les pensées sont vierges
De tout bruit du dehors, libres de tout fardeau.
C’est alors, peu à peu, l’onde grave de voix
Que l’on croirait venues de sphères vénérables
Où les cieux sont ouverts, où des mains ineffables
Eveillent les clartés des harpes sous leurs doigts.
Là, montant du tréfonds des jours d’éternité,
S’élevant du vieil or des icônes paisibles
Et touchant des parvis qu’on dit inaccessibles,
Un parfum se répand, tonique et velouté.
C’est le parfum de ceux qui, franchissant le temps,
Se font hérauts, guetteurs, fière armée qui s’avance :
C’est le parfum des doux, le parfum du silence,
C’est le parfum des forts, le parfum de l’encens.
Le voile ample et diffus laissé parmi les stalles
Par des heures d’attente* aux rives matinales
Et des siècles de pierre aux marches du couchant.
Puis c’est le frôlement délicat du manteau
Qu’offre à l’âme transie la pénombre des cierges :
Ici le pas s’arrête et les pensées sont vierges
De tout bruit du dehors, libres de tout fardeau.
C’est alors, peu à peu, l’onde grave de voix
Que l’on croirait venues de sphères vénérables
Où les cieux sont ouverts, où des mains ineffables
Eveillent les clartés des harpes sous leurs doigts.
Là, montant du tréfonds des jours d’éternité,
S’élevant du vieil or des icônes paisibles
Et touchant des parvis qu’on dit inaccessibles,
Un parfum se répand, tonique et velouté.
C’est le parfum de ceux qui, franchissant le temps,
Se font hérauts, guetteurs, fière armée qui s’avance :
C’est le parfum des doux, le parfum du silence,
C’est le parfum des forts, le parfum de l’encens.
* Dans la pensée judéo-chrétienne, l'attente n'est pas une attitude
passive mais une disposition active de l'âme tendue vers Dieu, ainsi
qu'il est dit, par exemple, dans le Psaume 129 (le "De profundis") :
"Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur guette l'aurore"
passive mais une disposition active de l'âme tendue vers Dieu, ainsi
qu'il est dit, par exemple, dans le Psaume 129 (le "De profundis") :
"Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur guette l'aurore"
