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Je portais ton prénom
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Je fendais puissamment les flots de l’Atlantique,
Je bravais le grand large et les nuits de gros temps,
J’étais fort, j’étais fier et, beau comme l’Antique,
J’étais de ces géants dont les vents sont contents.

Je portais ton prénom comme on porte une flamme,
Pays qui me fit naître aux rives du Destin.
Je portais ton prénom, tel celui d’une femme,
Pays qui m’engendra des clartés du matin.

Je ne redoutais pas le gouffre des abysses
Où gît le Titanic, insondable et béant.
Je savourais, serein, les exquises délices
Que procure l’orgueil d’embrasser l’océan.

Je portais ton prénom, ton drapeau, ton histoire,
Pays qui me rêva puis me donna le jour.
Je portais ton prénom, France, et j’étais ta gloire,
Pays qui me blessa d’un trop fugace amour.

Je ne fends plus les flots puissants de l’Atlantique,
Et nul ne m’a donné la noble mort des preux*.
Le Titanic repose aux marches de l’Antique,
Plein des mythes forgés en ces fonds ténébreux.





* Ce vers fait référence à la chanson "Le France" de Michel Sardou (1975)
où il est dit notamment :
"Que le plus grand navire de guerre / Ait le courage de me couler"




© Poème posté le 28/08/2023 par Ombrefeuille

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