Va (lettre à l'enfance)
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Va, laisse t’emporter la sterne blanche
Sur le dos de l’arc-en-ciel irisé
Et glisse sur le nuage qui penche
Vers le pays des anges dont tu es.
Cours dans le sable que l’onde chahute
Ajoute à ton château un pont-levis,
Peu importe que la marée l’ampute,
Déjà en riant tu l’as reconstruit.
Cueille en flânant aux prairies le bouquet
Admirant en passant la coccinelle,
Couché dans l’herbe surprends le criquet
Jouer son air curieux de violoncelle.
Attirant à toi le fruit convoité,
Grappille la mûre ôtée du buisson
Savoure son gout de tes doigts tachés,
Les lèvres bleues, en lutin vagabond.
Sous l’éclat net d’une étoile d’argent,
Près du tilleul applaudi par la pluie,
De ton regard écarquillé d’enfant
Bois l’or du jour, le baiser de la nuit,
Car l’heure qui vient est moins musicienne
Spoliant la vie de ses plus beaux couplets,
Un jour la candeur te sera lointaine…
Alors va, profite jusqu’à l’excès.
Sur le dos de l’arc-en-ciel irisé
Et glisse sur le nuage qui penche
Vers le pays des anges dont tu es.
Cours dans le sable que l’onde chahute
Ajoute à ton château un pont-levis,
Peu importe que la marée l’ampute,
Déjà en riant tu l’as reconstruit.
Cueille en flânant aux prairies le bouquet
Admirant en passant la coccinelle,
Couché dans l’herbe surprends le criquet
Jouer son air curieux de violoncelle.
Attirant à toi le fruit convoité,
Grappille la mûre ôtée du buisson
Savoure son gout de tes doigts tachés,
Les lèvres bleues, en lutin vagabond.
Sous l’éclat net d’une étoile d’argent,
Près du tilleul applaudi par la pluie,
De ton regard écarquillé d’enfant
Bois l’or du jour, le baiser de la nuit,
Car l’heure qui vient est moins musicienne
Spoliant la vie de ses plus beaux couplets,
Un jour la candeur te sera lointaine…
Alors va, profite jusqu’à l’excès.
