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Cher Ami Professeur,
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Je vous écris car l’achat de bésicles
En ces temps difficiles est très onéreux.
Vous avez sans doute gardé ces anciennes bernicles
Qui habillaient votre rond visage de sérieux.

M'obligeriez-vous en me confiant ces précieux verres ?
Ils semblerait que je n'y vois plus très clair.

Les spécialistes sont toutefois sceptiques.
S’agit-il d’une affection de mon nerf optique ?
Ou bien suis-je dévorée par des images mystiques ?

Ce matin je vois un soleil esthète,
Ce matin je vois un ciel bronzette,
Ce matin je vois des nuages trouble-fêtes,
Ce matin je vois une fleur violette,
Ce matin je vois des oiseaux en pirouettes,
Ce matin je vois un chat dandiner ses fesses fluettes,
Ce matin je vois une rivière en galipettes,
Ce matin je vois un arbre, mazette !

Je m’émerveille.

«Oui, voici le permis merveilles ! »
Chante l’univers bienfaiteur.

C’est grave, Professeur ?

© Poème posté le 08/07/2023 par Appoline

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