Après que...
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Juste après que l’orage a fait fumer la terre
L’étang, lui, bout, renaît.
Le tremblement du ciel, les cloches de l’église
Les claques de quelques répliques,
« Vive le vent » anachronique
S’entête la camionnette
Du marchand de glace au loin
A inviter de sa trompette
Les chants des serins du soir
Juste après que la guivre a déposé son œil
De diamant dans les joncs,
Elle fouille la vase et la faune hygrophile
S’agace dans son sillage :
Les anguilles s’électrisent,
Les gardons sucent les roseaux,
Les reliquats de la pluie cloquent
La surface du miroir,
Imitent la chute illusoire
De faux insectes qui excitent
La faim de l’omble chevalier
