La fontaine
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Forte des vieux souvenirs de naguère
Et de son prestige alors populaire,
Elle a résisté jusqu’à aujourd’hui,
Chuintant jusqu’à la tombée de la nuit.
Troublée par la moderne indifférence,
Elle coulait avec persévérance
Sur son bol de granit, d’un serein concert,
Murmurant même aux creux des grands hivers.
Mais tout s’est perdu hélas au village,
A son lavoir de tremper les lainages,
Au matin d’y courir pour puiser l’eau,
Au soir d’y rincer cuillers et couteaux.
Depuis bien longtemps n’y est plus l’enfant
Jouant à l’escalader hardiment,
Ni l’amoureux, assis sur la margelle,
Guettant sous la lune sa demoiselle.
Il a fallu qu’à ma vitre s’enfuie
Dans le soir son dernier vif clapotis
Pour que dans un flash-back tout je comprenne :
Sa retraite lui faisait grande peine.
Dans un silence encombré de passé,
Au milieu de la place désertée
Qui n’entendra plus jamais sa rengaine,
Dans la nuit elle est morte, la fontaine.
Et de son prestige alors populaire,
Elle a résisté jusqu’à aujourd’hui,
Chuintant jusqu’à la tombée de la nuit.
Troublée par la moderne indifférence,
Elle coulait avec persévérance
Sur son bol de granit, d’un serein concert,
Murmurant même aux creux des grands hivers.
Mais tout s’est perdu hélas au village,
A son lavoir de tremper les lainages,
Au matin d’y courir pour puiser l’eau,
Au soir d’y rincer cuillers et couteaux.
Depuis bien longtemps n’y est plus l’enfant
Jouant à l’escalader hardiment,
Ni l’amoureux, assis sur la margelle,
Guettant sous la lune sa demoiselle.
Il a fallu qu’à ma vitre s’enfuie
Dans le soir son dernier vif clapotis
Pour que dans un flash-back tout je comprenne :
Sa retraite lui faisait grande peine.
Dans un silence encombré de passé,
Au milieu de la place désertée
Qui n’entendra plus jamais sa rengaine,
Dans la nuit elle est morte, la fontaine.
