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Vivre dans sa tête (Lo(ch)liness)
1

Ma tête antique n’est qu’un château de cartes, hantées
De conquêtes délaissées aux intentions hostiles,
Cousus de fil d’Ecosse, ses rébus infantiles,
Egayent des oubliettes, où je crève d’habiter.

Flanqué de tours bancales aux oriflammes pâlis,
Qui brûlaient s’élancer à l’assaut du soleil,
Dallé de marbre rose, de nymphes à la Dali,
L’effronté frontispice se truffe de nids d’abeille.

Ma plume, Excalibur, fantastique attribut,
Soumet aux fantaisies du fantoche souverain,
Les fuyards de Mettray, (1) à qui elle distribue,
-Qu’admettrait le métro-, les rôles plus souterrains.

L’épouvante est truquée, les prises cent fois refaites,
Ne visent, outrant les crises, qu’à feinter la détresse,
Les trémolos de mise de tragédienne défaite,
Qu’aux pompeux tralalas de l’oscar best actress.

Mutins des soixante-dix, l’utopie mutilée,
Gigolos en disgrâce et favoris en cours,
Se disputent mes bonnes grâces mais les passe-droits ont cours,
Et, mutant dans l’impasse, accourent les exilés.

Des fresques vénitiennes, jouent, flonflons lagunaires
Et grotesques postiches, les fétiches mythomanes,
Les mimes carnavalesques aux masques mortuaires,
De frasques lacunaires vont garnir l’ottomane.

Les visées séditieuses des troubles comploteurs,
-Agents doubles et félons assiégeant le donjon,
Que je feins d’ignorer, perché sur les hauteurs-
Redoublant leurs ardeurs, je songe au grand plongeon.

Just a trick from the freak, l’excentrique du Loch Ness,
Piquant une tête de mule au labo de Shelley,
Le fiancé du triton, dont aux blue moons feulait,
- L’œil mouillant, le cœur sec, - l’intrinsèque loneliness.
1) Maison de correction où fut envoyé Jean Genêt.

Tous droits réservés © Poème posté le 21/05/2023 par Deshaiessaintes

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